Les dessous de l'IA
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72. Comment l’IA aide l’industrie à gérer la complexité - Michel Morvan
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72. Comment l’IA aide l’industrie à gérer la complexité - Michel Morvan

L’industrie est-elle devenue trop complexe pour être pilotée par des humains seuls ?

Supply chains mondialisées, effets en cascade, incertitudes géopolitiques : à force de coupler tout avec tout, nous avons fabriqué des systèmes que plus personne ne parvient à comprendre entièrement.

Dans cet épisode, je reçois Michel Morvan, fondateur de Cosmo Tech et président de l’IRT SystemX. Mathématicien et informaticien, il a enseigné à l’ENS de Lyon, à l’EHESS et au Santa Fe Institute, la Mecque des systèmes complexes. Il a ensuite été directeur scientifique de Veolia, puis a créé une entreprise qui modélise et simule ces systèmes pour aider les industriels à décider.

On revient sur ce qu’il appelle l’IA simulation et sur les jumeaux numériques, à travers des cas concrets. Le premier est celui de RTE, qui fonde ses décisions de maintenance et de renouvellement sur une réplique numérique de tout son réseau : un million d’équipements, quatre millions d’interactions et des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros. Le second est celui de Michelin, où des dizaines de milliers de simulations ont produit une organisation du sourcing que les experts eux-mêmes n’auraient jamais imaginée, avec 5 % de profit en plus sur la zone.

Michel rappelle tout de même une limite : un modèle est “toujours faux”, ce qui ne l’empêche pas d’être utile. Ce qui crée la confiance, c’est que ces outils sont explicables et construits avec les experts métier.

On s’intéresse aussi à la « forêt de bonsaïs », l’expression de Nicolas Dufourcq pour désigner ces preuves de concept qui ne passent jamais à l’échelle. Pour Michel, l’IA est restée à la périphérie de l’industrie parce qu’on a confié à des outils fondés sur les données des problèmes où le futur ne ressemble pas au passé, dans des systèmes qui n’ont, de toute façon, qu’un seul passé.

On termine sur l’enjeu de souveraineté. Alors que les capitaux affluent vers les data centers et la course au gigantisme, il plaide pour que l’Europe investisse dès maintenant dans une IA qui parle du monde réel, en s’appuyant sur ses forces en mathématiques et en modélisation.

Références

Où trouver Michel :

• LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/michelmorvan/

• Cosmo Tech : https://cosmotech.com/

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