Il y a trois ans et demi, sortait ChatGPT. On nous promettait une vague massive de destructions d’emplois. Elle n’a pas eu lieu. Et rien ne permet aujourd’hui de dire qu’elle aura lieu.
Mais un bouleversement est bien en cours. Moins sur le nombre d’emplois que sur la réalité du travail elle-même.
Dans cet épisode, je reçois François-Xavier Petit, historien et anthropologue, qui dirige l’Institut Matrice, et Nicolas Bartel, associé chez Eurogroup Consulting, en charge du Capital Humain.
Avec eux, je questionne l’impact de l’IA sur les métiers et les compétences. Et ce que l’on observe tient plus du grand déplacement que du grand remplacement : des tâches, des compétences et des niveaux de qualification, avec des écarts parfois difficiles à combler. Un cariste ne devient pas data scientist du jour au lendemain. Et quand un avocat renonce à ses stagiaires parce que « ChatGPT lui suffit », il oublie que le junior d’aujourd’hui est le senior de demain.
On s’interroge aussi sur ce qui fait encore la valeur du travail lorsque la machine produit le livrable en quelques secondes.
On termine cet épisode sur l’impact de l’IA à plus long terme sur l’expertise et le goût de l’effort. On devient professionnel en accumulant de l’expérience, en affrontant la difficulté et en développant des savoir-faire. En nous épargnant systématiquement cet effort, l’IA risque de nous priver d’une partie de ce qui nous permet de devenir et de rester de bons professionnels.










