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Dans cet épisode
L’IA accélère massivement la production. Des dossiers qui prenaient des semaines se bouclent en quelques heures. Mais la prise de décision, elle, n’a pas accéléré. Ce déséquilibre ne crée pas un problème nouveau mais révèle un goulot d’étranglement que les organisations portaient déjà, masqué jusqu’ici par le temps nécessaire pour produire les dossiers.
Pour ce troisième épisode de la Collection Particulière avec Eurogroup Consulting, je reçois Jean-Baptiste Annat, associé du cabinet, spécialiste de la transformation managériale et des nouveaux modes de travail et Éric Salobir, président de la Human Technology Foundation et conseiller du Vatican sur les questions d’intelligence artificielle, qui a notamment contribué à l’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV.
On aborde ce paradoxe de la vitesse et de ce qu’il implique pour les dirigeants : quand les équipes produisent plus vite que l’organisation ne peut décider, c’est tout le système de délégation et de pilotage qu’il faut repenser. Jean-Baptiste y voit l’obligation pour les dirigeants de construire des systèmes de décision aussi agiles que leurs capacités de production sont devenues rapides.
On revient sur l’écart entre travail prescrit et travail réel, un angle que les deux invités considèrent comme un angle mort des stratégies de déploiement. Éric rappelle que les collaborateurs ont toujours trouvé des raccourcis, des façons différentes de travailler et que ceux qui mettent en place l’IA ne le savent pas forcément. Une réalité que la montée du shadow AI, notamment chez les cadres, rend aujourd’hui difficile à ignorer.
On aborde l’impact de l’IA agentique sur le travail et la coalition lancée par la Human Technology Foundation à VivaTech pour anticiper ces transformations. Éric compare la gestion d’agents IA à une garderie où il y a toujours un enfant qui fait ce qu’il ne devrait pas faire et pose la question d’un droit à l’opposition à l’IA et d’un droit à l’erreur, sans lesquels l’humain finira par devenir une simple chambre d’enregistrement.
On s’intéresse aussi à la recomposition du middle management, dont le rôle historique de relais d’information et de gardien de l’expertise est remis en cause. Jean-Baptiste propose deux figures émergentes : le manager de transmission, garant de la culture et de la mémoire de l’organisation et l’intégrateur de transformation, chargé d’articuler les mutations technologiques, organisationnelles et humaines. Ce qui était considéré comme des soft skills,l’esprit critique, la créativité, le jugement, la coopération, devient selon lui de l’ordre des compétences stratégiques.
On termine sur ce que l’encyclique Magnifica Humanitas appelle la tentation de Babel : une uniformisation technique qui efface les singularités. Éric évoque l’image du mur de pierre sèche, où chaque pierre arrive telle qu’elle est et où c’est la créativité de l’assemblage qui fait la solidité de l’ensemble.
Une façon de rappeler que la singularité culturelle d’une organisation n’est pas un résidu à optimiser mais un actif à protéger.
Références
Où trouver les intervenants :
Linkedin Eric Salobir https://www.linkedin.com/in/ericsalobir/
Linkedin Jean-Baptiste Annat https://www.linkedin.com/in/annat-jean-baptiste-8203435a/
Site Human technology foundation https://www.human-technology-foundation.org/










